Introduction
LA RECONNAISSANCE DES RÉSULTATS DE RECHERCHE EN TANT QUE DONNÉES APPUYANT LE PROCESSUS DE DÉCISION VA DE SOI POUR CEUX QUI TRAVAILLENT DANS LE SYSTÈME, ET ELLE FAIT DE PLUS EN PLUS PARTIE DE LA RÉALITÉ DU MONDE DE LA RECHERCHE1.1
Pourtant, des chercheurs sont encore mécontents de constater le peu de cas que font les responsables de politiques et les gestionnaires de leurs résultats de recherche. Ces chercheurs ne saisissent pas vraiment la nature du contexte politique ou décisionnel, dans lequel la recherche ne constitue qu’un seul des éléments pris en considération. De même, des responsables de politiques et des gestionnaires remettent en question l’utilité des données probantes issues de la recherche pour éclairer la prise de décisions politiques ou de gestion..
La théorie des « deux communautés » — recherche et décideur — n’est pas 2,3En vertu de cette théorie, les deux camps sont imperméables aux points de vue et à la réalité de l’autre. 3 Lindblom et Cohen44 ont déjà constaté que « …dans l’élaboration des politiques publiques, bien des fournisseurs et des utilisateurs de résultats de la recherche sociale sont mécontents, les premiers parce qu’on ne les écoute pas, les seconds du fait que ce qu’ils entendent n’est pas vraiment ce qu’ils voudraient écouter. »
Aujourd’hui, cette théorie est devenue monnaie courante, alors que les chercheurs et les décideurs n’évoluent pas dans les mêmes structures de motivation. Les responsables de politiques et les gestionnaires font valoir qu’ils n’ont pas le temps de lire les volumineux rapports de recherche5. Puis, comme les résultats des études sur un sujet peuvent être contradictoires, ils ne savent plus à quel saint se vouer pour déterminer ceux qu’ils devraient privilégier. Il est en outre notoire que le fait de s’en remettre à des études en particulier n’est ni utile, ni suffisant pour éclairer les décisions, de gestion ou de politique, car elles n’offrent qu’un aperçu incomplet du sujet, à l’opposé de l’ensemble des données probantes issues de la recherche sur le sujet.
Bien entendu, des données probantes démontrent que les initiatives favorisant les liens et l’échange — encourageant l’interaction, la collaboration et l’échange d’idées en permanence entre les chercheurs et les décideurs — peuvent être fructueuses. Plus précisément, ces initiatives peuvent mener à l’institution d’une culture axée sur la prise de décisions dans la communauté des chercheurs et d’une culture centrée sur la recherche dans la communauté des responsables de politiques et des gestionnaires.6,7,8 Y parvenir ne sera pas sans heurts cependant5 et les deux communautés devront mettre l’épaule à la roue.
Les responsables de politiques et les gestionnaires peuvent s’employer à faire en sorte de prendre connaissance des résultats de la recherche et de les mettre en application. 6,9Pour leur part, les chercheurs peuvent adapter la présentation des données probantes issues de leur recherche en fonction de leur auditoire cible et favoriser cette pratique.9 Pour influencer davantage les décisions en matière de politique et de gestion, les chercheurs devraient également diffuser les résultats de la recherche sous forme de messages pragmatiques, fondés sur l’ensemble des connaissances acquises par la recherche sur le sujet en question. 6,9 En définitive, les deux communautés pourraient collaborer ensemble à l’amélioration de la pertinence de la recherche pour éclairer la prise de décisions, sur les plans de la politique et de la gestion.10
Le résumé de recherche pour éclairer les décisions en matière de politique et de gestion
Pour le chercheur, le résumé de recherche simple et clair peut être un moyen sûr de communiquer avec efficacité des messages concrets aux responsables de politiques, aux gestionnaires ou à d’autres intervenants, particulièrement quand les résultats de la recherche sont sans équivoque. Dans cette optique, la Fondation propose deux séries de résumés de recherche, soit À bas les mythes et Données à l’appui, qui mettent en relief les données probantes concernant certains des grands débats actuels sur la politique de la santé et la gestion des services de santé. Lancée en 2000, la publication À bas les mythes entend démystifier les nombreuses idées reçues à propos du système de santé. Au chapitre des mythes qui ont la vie dure, citons ceux voulant que les personnes âgées en nombre croissant paralysent le système de santé, qu’un ticket modérateur permette de rationaliser l’utilisation des services de santé ou que l’injection d’argent suffirait à mettre un terme à la crise qui sévit dans les urgences.
La série Données à l’appui a été créée en 2004, la rétroaction indiquant
la nécessité de publier un précis d’information sur une note positive, qui ferait
contrepoint à la publication À bas les mythes, une publication qui synthétiserait
les résultats de recherche sans équivoque, à l’appui d’une conduite particulière,
pas encore très répandue. Les premiers numéros de Données à l’appui soulignent
la possibilité de gérer de façon centralisée les listes d’attente pour en améliorer
l’efficience, et que, dans les milieux de services de santé de première ligne, l’équipe
multidisciplinaire est tout à fait en apte à prendre en charge les maladies chroniques.
La place des données probantes de la recherche dans la prise de décisions
La médecine fondée sur les données probantes a pris naissance dans les milieux
cliniques11,12,13. De ses origines découle sa définition : « la prise
en compte consciencieuse, explicite et judicieuse des données probantes les plus
concluantes dans la prise de décisions concernant les soins prodigués aux patients
»13. Et la pratique de la médecine fondée sur des données probantes suppose
« l’intégration de l’expertise clinique individuelle et des données probantes externes
les plus concluantes tirées de la recherche méthodique »13.
Voilà un peu plus de 10 ans, la médecine fondée sur des données probantes a débordé
du cadre des services cliniques pour se répandre dans l’univers de la politique
et de la gestion12. La raison en est simple : de même que les décisions
des cliniciens ayant trait au diagnostic et au traitement reposent sur un fondement
scientifique, il est devenu clair que les gestionnaires des services de santé et
les responsables de politiques publiques devaient s’en remettre aux données probantes
issues de la recherche pour éclairer l’organisation et la prestation des services
de santé10,14,15. En 2006, la FCRSS a abandonné l’expression « fondée
sur des données probantes » au profit de « éclairée par des données probantes »
s’agissant de la prise de décisions, pour souligner le fait que les données probantes
sont l’un des éléments pris en considération dans les décisions sur le système de
santé1.
Conscients de la place désormais réservée aux données probantes issues de la
recherche dans la prise de décisions en matière de politique et de gestion9,
les chercheurs ont dû concevoir des outils adaptés aux besoins des responsables
de politiques et des gestionnaires. Précisons toutefois que « la nature des résultats
de recherche pertinents dans les domaines de la gestion et de la politique n’est
pas du tout la même que celle des données probantes utiles en médecine »12.
Aujourd’hui, les chercheurs disposent de nombreuses ressources pour résumer les
données probantes de leur recherche, destinées à éclairer la prise de décisions
politiques et de gestion, notamment la synthèse et le résumé de recherche.
La distinction entre le résumé et la synthèse
Sous l’angle de la rédaction, la synthèse et le résumé sont apparentés, mais
ils diffèrent quant à leur fonction respective. Tandis que la synthèse en bonne
et due forme peut être considérée comme une source de nouvelles connaissances, le
résumé rassemble les principaux messages d’un certain nombre de sources d’information
publiées. Dans la même veine, la synthèse peut être une source de suggestions quant
à la recherche future autant qu’une source de données probantes qui favoriseront
la prise de décisions éclairées dans le domaine de la santé16, cependant
que le résumé ne remplit que cette dernière fonction, et encore de façon informelle,
en règle générale.
Plus précisément, la synthèse se veut exhaustive, reprenant toutes les données
probantes pertinentes, favorables ou défavorables, pour les présenter dans un résumé
objectif12. La synthèse peut prendre diverses formes, de l’étude méthodique
structurée à l’analyse documentaire informelle. Citons, à titre d’exemples d’études
méthodiques rigoureuses, les études produites par la Collaboration Cochrane17,
la Collaboration Campbell18, le Centre for Reviews and Dissemination
de l’Université de York au Royaume-Uni19 ou l’Institut Joanna Briggs20
en Australie du Sud. La FCRSS commande des synthèses dans le but de formuler des
recommandations de « pratiques exemplaires » en matière de gestion des services
de santé ou d’élaboration de politiques.
Le résumé reprend l’essentiel de la recherche selon une structure moins stricte,
habituellement sur un ton familier. CRISPfacts, bulletin d’information
publié par le Canadian Research Institute for Social Policy de l’Université du Nouveau-Brunswick,
en est un exemple21. La publication À bas les mythes, qui met
en relief les données probantes concernant les débats publics sur les questions
de l’heure dans le domaine de la santé, en est un autre. Ces résumés incitent à
passer à l’action, et ils appliquent la technique de la narration pour communiquer
des messages fondamentaux.
Le module d’enseignement À bas les mythes
Le module d’enseignement s’inspire du modèle de la série À bas les mythes.
C’est ainsi qu’il reprend la démarche de la FCRSS dans la rédaction et la diffusion
de la publication de la série. La démarche se déroule comme suit :
- Cerner le mythe
- Relever les données probantes
- Rédiger le résumé
- Soigner la présentation visuelle
- Soumettre le résumé à l’examen
- Diffuser des messages éclairés par les données probantes
Le module d’enseignement débute avec l’histoire d’Ana, un personnage fictif qui
sert de guid’À
chacune des étapes.
Dans le module, le terme « décideur » est utilisé pour désigner l’auditoire cible
ou l’utilisateur du résumé de recherche. Dans From Research to Practice: A Knowledge
Transfer Planning Guide, les auteurs font valoir « qu’il convient d’assimiler
les publics cibles à des ‘décideurs’ puisque ce sont les ‘décisions’ que les données
de la recherche peuvent améliorer »22. Cela étant dit, l’auditoire cible
du résumé de recherche, y compris la publication À bas les mythes, peut
être composé de responsables de politiques, de planificateurs, de gestionnaires
ou de prestataires de services de santé.
*Toute similitude, ressemblance ou référence à des personnes ou à des
organismes existants dans le présent document n’est que pure coïncidence.
Ana est étudiante au programme de maîtrise en recherche sur les services
de santé. Elle est inscrite à l’un des centres régionaux de formation de la FCRSS
et des IRSC. Grâce à son travail d’assistante de recherche auprès de sa directrice
de thèse et d’autres chercheurs universitaires, elle a pu développer de solides
compétences en recherche. L’été dernier, Ana a travaillé comme stagiaire dans un
ministère provincial de la Santé. Elle espère que son travail auprès du directeur
de la Direction des politiques de santé du ministère lui permettra de comprendre
le travail accompli par les décideurs du système de services de santé. Elle aimerait
bien également faire profiter la Direction de ses compétences en rédaction de résumés
de recherche pour aider cette dernière à rendre plus souvent des décisions en matière
de politiques de la santé éclairées par les données probantes.
Une autre belle journée de travail. Louise, la directrice d’Ana, lui demande
de la rencontrer dans son bureau.
« J’ai reçu un appel du bureau du ministre aujourd’hui, dit Louise. Le ministre
a reçu un certain nombre de demandes d’information au sujet de notre position sur
les services de santé à deux vitesses. Il a encore été bousculé aujourd’hui par
les médias sur cette question. Les journalistes veulent savoir pourquoi le ministère
n’appuie pas les Canadiens qui désirent obtenir des services dans le privé. Ils
croient que la privatisation des soins pourrait contribuer à réduire davantage les
temps d’attente de notre système public. Il va probablement y avoir encore beaucoup
d’autres questions. Pourrais-tu rassembler les recherches existantes sur ce sujet?
»
Ana est contente d’assumer cette responsabilité, quoique ce travail la déconcerte
un peu. Se souvenant de l’un de ses cours sur les politiques de santé, elle se pose
la question suivante : est-ce que quelqu’un croit vraiment qu’un système de services
de santé privé parallèle est la solution aux listes d’attente?
Cerner le mythe
En réfléchissant à la tâche qui l’attend, Ana se rappelle son cours sur les
politiques de santé. Elle se souvient des discussions sur les différents types de
systèmes de services de santé – discussions allant du système de services de santé
du Canada financé en grande partie par l’État au système américain à deux vitesses.
Elle se souvient particulièrement qu’en Angleterre et en Nouvelle-Zélande, pays
qui utilisent des systèmes privés parallèles, les listes et les temps d’attente
semblent être plus longs dans le système public que dans celui du Canadaii.
Cependant, les détails complets ne sont pas vraiment clairs dans son esprit.
En utilisant une nouvelle base de données, Ana commence à parcourir les journaux
nationaux et provinciaux pour y consulter certains des nouveaux articles dont Louise
a parlé. En utilisant les termes de recherche temps d’attente, privé et santé, Ana
trouve plus de 500 articles de journaux datant du 1er janvier 2006 au 10 septembre
2007. Certains grands titres captent son attention :
- Le Québec permettra certains services de santé privés : les opérations du
genou, de la hanche et le retrait des cataractesiii.
- L’AMC conseille vivement d’avoir recours aux fournisseurs du système privé
pour soutenir les services de santé; un groupe de médecins recommande aussi
avec insistance l’assurance privée pour couvrir les soins publicsiv.
- Des médecins tentent encore d’obtenir les soins à deux vitessesv.
- Le système de services de santé à deux vitesses vaut la peine d’être envisagévi.
- Il nous faut des services de santé à deux vitesses : des patients poursuivent
la province en justice en raison des temps d’attente trop longsvii.
Une lettre à l’éditeur raconte l’histoire d’une patiente qui a décidé de
se rendre à la clinique Mayo, aux États-Unis, pour se faire enlever une tumeur au
cerveau. La tumeur exerçait une pression sur son nerf optique, entraînant une perte
de la vision temporaire. Environ dix jours après l’opération, la patiente avait
retrouvé la vue. Dans l’intervalle, si la patiente avait choisi de ne pas payer
pour subir une telle opération aux États-Unis, elle aurait dû attendre encore un
mois et demi avant sa seconde consultation prévue en Ontariovii.
Ces grands titres et ces comptes rendus amènent Ana à faire des conjectures
– est-il possible qu’un système privé parallèle puisse réduire les temps d’attente
dans les services de santé publics? Est-ce que les établissements à but lucratif
rendront les services de santé plus efficaces? Ayant déjà épuisé les plus récents
articles de journaux, Ana se remet à faire des recherches sur Internet, utilisant
un moteur de recherche courant en ligne : Google. Sa recherche sur Internet lui
a permis de repérer un rapport provenant du Groupe canadien pour un consensus en
soins de santé, lequel est disponible sur le site Web de l’Atlantic Institute for
Market Studies. Dans un document de 2006, le Groupe affirme que des systèmes de
services de santé sérieux des secteurs public et privé vont « de pair » (p. 2).
Le Groupe soutient également que « l’exclusion virtuelle du secteur privé du système
de services de santé du Canada a privé les Canadiens de tirer profit de l’innovation,
de l’investissement, des pratiques exemplaires, des choix et des exemples concurrentiels
par lesquels on peut comparer la performance de toutes les composantes du système
de services de santé » (p.2) viii. Un autre rapport du Fraser
Institute s’oppose totalement au système public dans son ensemble. Les auteurs soutiennent
que le système de services de santé public du Canada se dirige vers une faillite
imminente, tout en empêchant légalement les patients d’obtenir des traitements ailleurs
et d’en couvrir les frais, à moins de quitter le paysix. Ces
arguments sont convaincants et encore une fois, Ana se questionne sur les idées
qu’elle entretenait à l’égard des services de santé du Canada.
Relever les données probantes
Jusqu’à maintenant, Ana a consacré son temps à mener des recherches informelles
dans de nouvelles bases de données et sur Internet pour obtenir de l’information
sur le rôle du secteur privé dans la réduction des temps d’attente et dans les mesures
à prendre pour fournir des services de santé plus efficaces. Il est maintenant temps
de se pencher sur la littérature officielle sur le sujet, à partir de laquelle Ana
espère trouver des données de recherche provenant de revues scientifiques ayant
fait l’objet d’un examen par des pairs.
L’examen du Cochrane Database of Systematic Reviews, y compris le Cochrane
Effective Practice and Organisation of Care Group, ne révèle pas grand chose. Cependant,
une recherche dans d’autres bases de données, dont MEDLINE, affiche un certain nombre
de sources convaincantes. Ana découvre quelques examens systématiques pertinents
qui indiquent que les établissements de soins à but lucratif affichent un pourcentage
plus élevé de décèsxii, xiii. Elle trouve également de la littérature
pertinente sur l’économie de la santé, démontrant que les hôpitaux privés dépensent
beaucoup plus d’argent que les établissements sans but lucratif à l’administration
relative à chaque journée-patient dans l’établissementxiv. Ses recherches
supplémentaires confirment ce qu’elle a appris dans son cours sur les politiques
de santé, c’est-à-dire que les temps d’attente dans les secteurs publics de l’Angleterre
et de la Nouvelle- Zélande sont plus longs que ceux du système à payeur unique du
Canadaii. D’autres études similaires soutiennent ces résultats
: particulièrement dans les pays où les services de santé publics et privés sont
présents, notamment l’Australie et l’Angleterre, on y indique que plus des soins
sont fournis dans le secteur privé d’une région donnée, plus les patients des hôpitaux
publicsxv,xvi attendent longtemps avant de recevoir des soins. La recherche
d’Ana révèle également des données probantes qui indiquent que les systèmes privés
parallèles peuvent avoir tendance à « faire une sélection minutieuse » des patients
qui sont plus en santé et plus jeunes ou dont l’état est facile et peu coûteux à
traiterxvii, xviii. Ana sait que sa recherche tire à sa fin parce que
de nombreuses sources, souvent les mêmes, continuent de s’afficher. Avec autant
d’arguments, Ana ne sait pas comment elle s’y prendra pour faire le sommaire des
résultats.
Rédiger le résumé
L’expérience de travail acquise au sein du ministère de la Santé a permis
à Ana de comprendre que la rédaction d’un document destiné à des responsables de
politiques n’est nullement comparable à la rédaction d’un article devant être publié
dans une revue universitaire ou un rapport produit dans le cadre d’un cours sur
les politiques de santé.
Ana sait que la rédaction d’un résumé de recherche à l’intention des
responsables de politiques comporte un objectif différent de ceux des autres types
d’articles. Elle devra adopter une approche différente.
Elle commence d’abord par se demander ce que sa directrice, Louise, aimerait
avoir comme information. Louise n’est pas une chercheuse; par conséquent, elle voudra
probablement que les résultats soient interprétés dans une certaine mesure. Elle
est également occupée, elle voudra donc connaître les meilleures données probantes
disponibles et l’élément clé de chaque argument. Sachant de première main qu’il
est facile de se perdre dans le débat à savoir si le Canada devrait accorder une
place plus importante au secteur privé dans la prestation des services de santé,
Ana sait que son résumé devra bien distinguer le mythe de la réalité. Connaissant
les rouages de la rédaction de notes de synthèse, Ana sait que son résumé devra
être concis. Bien entendu, la rédaction d’un document destiné à des responsables
de politiques semble toujours plus facile qu’il n’en paraît. Ana sait très bien
que plusieurs jeux de correction seront nécessaires pour en arriver à produire une
ébauche d’au plus deux à trois pages.
Soigner la présentation visuelle
Présenter des arguments courts et clairs n’est pas une mince tâche. Pour
y parvenir, Ana décide de présenter chaque section de son résumé au moyen de titres
accrocheurs. Ainsi, les lecteurs peuvent passer facilement d’un argument à un autre.
Cette façon de faire permet également à Ana d’aller droit au but. Elle choisit d’utiliser
la police de caractères Arial. Grâce à l’utilisation de ces caractères clairs et
simples, les lecteurs pourront se concentrer sur le contenu du résumé. Enfin, Ana
s’assure d’avoir les blancs nécessaires, veillant ainsi à ce que les pages du résumé
ne soient pas surchargées. Ana est consciente que des pages remplies de texte peuvent
décourager immédiatement les lecteurs, particulièrement ceux qui manquent de temps.
Soumettre le résumé à l’examen
Ana se souvient de ses idées préconçues au début du projet. Elle croyait
alors ce que
les données de recherche ont démontré plus tard, c’est-à-dire
qu’un système privé
parallèle ne permettrait pas au secteur public de
réduire les temps d’attente et d’être
plus efficace. Une fois l’ébauche
de son résumé terminée, Ana se demande si le
document final n’est pas
teinté de ses propres idées, plutôt que de laisser les
données de recherche
parler d’elles-mêmes. Si le texte était destiné à une publication
universitaire,
elle sait qu’il serait probablement revu par un comité de lecture.
Cependant,
puisque le rapport sera diffusé à l’interne, Ana sait qu’un tel comité ne
sera pas mis sur pied. En gardant à l’esprit le comité de lecture au moment
de relire
son résumé, Ana se pose certaines questions essentielles :
« Ai-je tenu compte de
toutes les perspectives ou opinions? », « Le
sommaire a-t-il bien capté l’essence des
principaux enjeux? »
Diffuser des messages éclairés par les données probantes
Avant de transmettre son résumé de recherche à sa directrice, Ana se demande
si son document peut sensibiliser un plus grand nombre de personnes au sein de la
communauté des responsables de politiques publiques. Ana décide de formuler une
recommandation sur la façon de diffuser son travail dans le ministère. Pour débuter,
la Direction de la recherche et de l’évaluation du ministère publie un bulletin
mensuel qui fait connaître de nouvelles recherches pertinentes aux décideurs du
système de services de santé. Ana suggérera à Louise de publier d’abord son résumé
dans ce bulletin.
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